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Alimentation durable

Acheter autrement, oui mais comment ?

13/10/2010

AMAP, internet, achats sur une exploitation, un jour, elles ont décidé d’acheter « autrement ». Envie de manger plus frais, plus goûteux, de consommer local, de connaître l’origine des aliments et la façon dont ils sont produits, de se réapproprier leur alimentation... Elles témoignent.

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Estelle, 31 ans, mariée, deux enfants, Ménitré (Maine-et-Loire)

Ici, nous sommes loin des grandes surfaces et il est plus pratique d’aller chez les producteurs locaux. Cette habitude est venue peu à peu. J’ai cherché des producteurs qui pratiquent la vente directe et aujourd’hui je vais chez l’un pour les œufs, chez un autre pour les légumes. Les fruits viennent de mon jardin. Je me considère comme “ locavore ”, mais je ne suis pas une pure ! Si je trouve “ en local ”, j’achète “ local ”, sinon je vais au supermarché. Comme je suis graphiste et web designer j’ai crée un site www.mes-producteurs.com. L’idée est de permettre aux consommateurs de trouver les exploitants qui font de la vente directe dans leur département avec, pour chaque exploitation, les produits vendus, les lieux de vente, les horaires, etc. Le site, lancé en avril 2010, va s’enrichir tout au long de l’année. Mon ambition est de réaliser un annuaire complet des producteurs qui font de la vente directe !

Dany, 66 ans, mariée, retraitée, quatre petits-enfants, Lyon (Rhône)

J’ai rejoint depuis peu un système de paniers hebdomadaires de fruits et légumes bio, commandés d’une semaine sur l’autre par l’intermédiaire d’un magasin qui se fournit chez un grossiste, sans contrainte d’abonnement annuel. Le résultat est concluant : c’est moins cher et meilleur qu’au supermarché ! Les légumes se conservent beaucoup mieux au frais et ne s’abîment pas 48 heures après l’achat, après avoir passé des jours en rayon ou dans les frigos ! Je découvre des variétés dont j’ignorais même l’existence et cela me permet d’essayer des nouvelles recettes pour mes petits- enfants qui sont très souvent à la maison ! Par ailleurs, je suis une grande adepte de la cueillette chez le producteur. Dès les beaux jours, j’y emmène mes petits-enfants le mercredi, c’est une vraie journée de plein air qui joint l’utile à l’agréable. Un vrai plaisir !

Vania, 37 ans, en couple, deux enfants, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)

Dès que nous avons appris qu’une Amap allait se créer près de chez nous, nous avons été intéressés. 70 personnes environ se sont regroupées en une association Amapuces (Saint- Ouen oblige !) et nous avons cherché un maraîcher pour nous fournir. En région parisienne, zone périurbaine où les agriculteurs se font rares, le délai d’attente peut être d’un an ou deux ! Nous avons eu de la chance, notre Amap a pu voir le jour plus rapidement grâce à Jean-Michel Garsztka, installé sur sept hectares à Asnières-sur-Oise (Val d’Oise), actuellement en conversion à l’agriculture bio. Il vient à Saint-Ouen avec sa camionnette le mercredi soir, c’est l’occasion pour les adhérents de se retrouver dans une ambiance très chaleureuse !

C’est un contrat basé sur la confiance : chacun remplit son panier et pèse ce qu’il prend, à partir d’une liste de produits de saison. À quatre, nous sommes abonnés à un grand panier, soit six kilos de légumes. En ce moment, nous avons des radis, des épinards, des salades, des asperges, des pommes de terre, des bettes, des carottes… J’apprécie vraiment cette formule que j’expérimente depuis deux ans maintenant, même si mon mari souhaiterait parfois un peu plus de variété ! En plus des légumes, nous pouvons acheter de la viande en provenance de l’Orne et des œufs, pour lesquels nous avons pris un abonnement à l’année. Cela redonne du sens à ce que l’on mange. C’est aussi une façon de soutenir un agriculteur qui trouve ainsi un débouché à sa production et peut mieux en vivre dans une zone de haute pression immobilière. C’est aussi une façon d’être solidaires, car notre “ contrat ” prévoit que chaque adhérent vienne une fois par an donner un coup de main sur l’exploitation et aide une fois aussi à la pesée des produits. Nous sommes allés récemment biner les salades avec nos jeunes enfants, j’avoue que tout le monde était ravi !

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