REPORTAGE - Exemple d’une aquaculture durable et responsable dans la région Aquitaine, sur l’un des sites du groupe Aqualande.

Il est 6 heures 30, Loïc commence sa journée par l’alimentation des poissons. Armé d’un seau de dix kilos de granulés et d’une petite pelle, il répartit la nourriture dans chacun des dix bassins du site de la Hountine (Gironde). Nous sommes dans le parc naturel régional des Landes et de Gascogne, à une quarantaine de kilomètres de Bordeaux, sur l’un des 28 sites de pisciculture du groupe Aqualande. Ici, on élève de la truite, pour ses œufs et pour sa chair.
Situé au beau milieu de la forêt, dans un milieu protégé, le vivier de la Hountine bénéficie d’une eau très pure. Sablonneuse, parce que nous sommes dans les Landes, mais d’une qualité irréprochable, aucune activité n’étant enregistrée en amont. Un atout de taille pour l’élevage de truite, cette dernière ne pouvant grossir que dans une eau de qualité. « Sur ce site, nous produisons chaque année 200 tonnes de truites pour la fumaison et quatre tonnes d’œufs », annonce Emmanuel Mazeiraud, directeur technique du groupe.
Écosystème et biodiversité
Ce professionnel s’est fixé comme mission de redorer l’image de l’aquaculture, souvent malmenée. « Le secteur est résolument engagé sur les questions de développement durable », explique-t-il. Aqualande, qui fournit 75 % du marché de la truite fumée en France, est ainsi régulièrement auditée et certifiée selon la norme Agriconfiance. Depuis un an, elle est aussi l’une des entreprises pilotes de la démarche 3D -Destination Développement Durable-, une initiative privée destinée à promouvoir les bonnes pratiques des secteurs agricole et agroalimentaire. Cette démarche commence par l’intégration dans l’environnement et le paysage. « Nous ne faisons pas de la pisciculture façon aéroport ! », s’exclame Emmanuel Mazeiraud. « Nos piscicultures sont situées sur de petits sites adaptés au milieu et aux rivières, et elles sont gérées plutôt de manière familiale, par 2 ou 3 personnes », reprend-il. Le développement durable se joue également sur la préservation de la qualité de l’eau et de l’écosystème de la rivière. « Les pisciculteurs sont les sentinelles de la rivière, ils connaissent parfaitement son écosystème et veillent en permanence sur son état », précise Emmanuel Mazeiraud.
Un enjeu crucial, l’alimentation des truites
Une attention toute particulière est portée à l’alimentation donnée aux truites. L’enjeu consiste à réduire au maximum la part de poisson dans les aliments, afin de limiter l’impact de l’aquaculture sur l’écosystème et la biodiversité marine. En 5 ans, en jouant sur la substitution par des ressources végétales (céréales), l’entreprise a réussi à diviser par deux la part d’huiles et farines de poissons présente dans les granulés. Aujourd’hui, seulement 20 % de l’alimentation des truites est issue de la pêche minotière, cette forme de pêche dédiée à la transformation en farines et huiles de poissons. . Un atout considérable, permettant de répondre à la demande alimentaire tout en préservant les ressources naturelles.
Vers une aquaculture durable
29/04/2011
