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Produits et labels

Mayotte, une île aux mille visages

21/02/2011

Cette petite Ile de 376 Km2, qui deviendra le 101ème département français en mars prochain, est située à l’ouest de Madagascar dans l’archipel des Comores et compte 18 000 hectares de cultures, à l’origine de nombreux produits d’origine agricole. Alim’gouv vous les fait découvrir, sur le stand de Mayotte au Salon de l’agriculture.

Vanille/Cheick.Saidou/Min.agri.fr
Confitures, sirops, poudre de Vanille, miels et achards arborent ce stand coloré et surprenant. Que diriez vous d’une petite tartine de confiture de baobab? Ou encore d’un miel de litchi,d’orange et d’avocat pour commencer la journée ? Ravis de nous faire découvrir des produits issus de leur île, ces Mahorais nous font notamment découvrir le Jack, un fruit très sucré importé de l’île voisine, Madagascar, mais aussi le sirop de Paraouvie, et ses bienfaits thérapeutiques couramment utilisés dans un thé, pour soigner les maux de gorge, et le miel de bois de Pallissandre. Le Pallissandre est un bois également venu de Madagascar. On peut également trouver des objets en tout genre, bijoux, stylos en bois... présents sur le stand.

Jacques Domalain, Directeur de la chambre d’agriculture de Mayotte, nous présente un pays à l’agriculture embryonnaire à construire. Cet écologue forestier originaire de Bretagne a développé un profond intérêt pour les cultures tropicales suite à une thèse qu’il a écrit sur la culture du maïs au Guatemala et en Afrique, ce qui l’a poussé à accepter un poste à Mayotte.

Un territoire avec des cultures phares

- La vanille Gousses de vanille/Cheick.Saidou/Min.agri.fr La culture de la vanille est une histoire de famille à Mayotte. Cultivée de façon traditionnelle, le savoir faire se transmet de générations en générations.
Reconnue pour sa qualité lors du CGA (Concours Général Agricole) en 2009, la Vanille de Mayotte a été médaillée dans toutes les catégories : Le bronze, l’argent et l’or lui ont été attribués.
Tout comme l’ylang ylang elle est produite en faible quantité, 600 kg cette année contre 2 tonnes auparavant. Le positionnement est le même : c’est la qualité qui prime !
Certains producteurs comme Abdourahamane Ahamada, parient sur la diversification pour contrer la concurrence de la vanille de Madagascar. Il développe plus particulièrement les épices et arômes de Mayotte. Le poivre, très demandé, le gingembre et la cannelle font partie des épices les plus cultivées de son domaine. Abdourahamane Ahamada, producteur de vanille et fondateur de Vanille, Épices et Arômes de Mayotte

- Ylang Ylang Huille essentielle d'Ylang-Ylang/Cheick.Saidou/Min.agri.fr
Originaire de Chine, l’Ylang Ylang est cultivé sur environ 300 hectares. Cet arbre pouvant atteindre 20 à 30 mètres de haut lorsqu’il se développe sans l’intervention de l’homme, présente ici une forme surprenante. Cueillies par les femmes, les fleurs de cet arbre doivent être à portée de mains, c’est pour quoi depuis qu’il est cultivé les hommes se sont attachés à lui tordre et à lui nouer les branches pour les rendre accessibles.
L’huile d’Ylang Ylang, utilisée dans les grands parfums du monde entier, est également produite à Madagascar. A partir de 120 kilos de fleurs et selon le degré d’extraction, on obtient une quantité très différente, allant de 25 cl à 5 litres. Aujourd’hui la production mahoraise approche 5 tonnes d’huile par an dont 2 tonnes exportées, alors qu’il y a 15 ans on en produisait le triple.
Cette baisse de la production s’explique par une main d’œuvre qui se raréfie. Avec elle la densité des arbres cultivés diminue également. Ce qui pose un autre problème : les arbres cultivés sur les coteaux de cette île volcanique permettent la rétention des eaux du sol, évitant ainsi les coulées de boues et les glissements de terrains. A présent, la culture de l’Ylang Ylang joue un rôle prépondérant dans la diversité patrimoniale de l’île.

Des techniques culturales en cours d’évolution Cultures de manioc et de patates douces /Cheick.Saidou/Min.agri.fr Les engrais chimiques et les produits phytosanitaires ne sont que très peu utilisés en culture à Mayotte. Il existe néanmoins une entreprise de pondeuses qui produit environ 2000 tonnes de fientes par an. Celles-ci pourraient être valorisées pour cet usage : ce n’est pas le cas pour l’instant. Pourtant la nature du sol, extrêmement riche en oxyde de fer, nécessite un apport de matière organique dans la mesure ou celle qui se constitue naturellement disparait à une vitesse trop importante pour être profitable aux cultures.

L’aquaculture du lagon
Baignant dans l’océan indien, l’île de Mayotte bénéficie d’un Lagon plein de richesses à exploiter. Une aquaculture artisanale se développe depuis quelques années autour des espèces comme l’ombrine tropicale et la dorade gueule pavée, élevées en cages.
Cette ouverture sur le lagon semble être une alternative intéressante à la situation des productions agricoles terrestres, elle offre en effet de nouvelles perspectives pour nourrir une population en constante augmentation, mais aussi pour développer l’économie locale.

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