Parce que « le maraîchage remet les pieds sur terre », l’association Jardin de Cocagne Angevin accompagne vers l’emploi des personnes en difficulté en cultivant un potager.
« Voir un radis sortir de terre deux ou trois semaines après avoir semé insuffle de la vie dans la tête des gens, leur permet de retrouver un sens à leur existence », explique avec une certaine émotion le président de l’association, Jean Presselin. Créée en 1999, l’association emploie aujourd’hui 49 personnes en insertion, qui cultivent un potager bio d’une quinzaine d’hectares près d’Angers. Le fruit de leur travail est vendu sous forme de paniers de légumes aux adhérents de l’association. Un peu comme une Amap ? « Oui, enfin ce sont plutôt les Amap qui ont suivi notre modèle », sourit-on au Jardin de Cocagne Angevin – JCA pour les intimes. Quoiqu’il en soit, les paniers sont destinés à tous ceux qui souhaitent acheter bio et local, tout en aidant des personnes en grande difficulté à retrouver une place dans la société.
Lutte contre le gaspillage alimentaire
Forte de cette expérience dans le milieu agricole, c’est tout naturellement que l’association a été choisie par la Draaf [1]Pays de la Loire quand, en novembre 2009, le projet de récupération des invendus sur le Marché d’intérêt national (MIN) d’Angers a commencé à voir le jour, dans le cadre du Programme national pour l’alimentation (PNA). « Au-delà de notre légitimité du fait de notre présence dans le paysage agricole, ce qui a également joué en notre faveur, c’est que nous ne sommes pas directement bénéficiaires des produits récupérés sur le MIN, nous les redistribuons à d’autres associations », précise Yvon, coordinateur de l’atelier sur le MIN. Des chantiers sont également organisés pour récupérer des produits directement dans les champs, lorsque, pour une raison ou pour une autre, l’agriculteur ne peut pas récolter.
Apprendre un métier
Recrutés généralement pour deux ans, les salariés expérimentent différents postes, en plusieurs étapes adaptées à leur évolution professionnelle. Après plusieurs mois d’expérience, ils peuvent enrichir leur parcours avec l’atelier tri et récupération des invendus. « Cette expérience offre des situations de travail assez nouvelles pour eux : ils font de la préparation de commandes, et donc un travail posté, répétitif et qui demande de la concentration », explique Yvon. Pas évident, surtout dans le froid glacial qui plane généralement sur les MIN, mais tout cela ne semble pas décourager les trois salariés rencontrés ce jour-là, bien au contraire !
En savoir plus :
Lire notre reportage sur la lutte contre le gaspillage alimentaire sur le MIN d’Angers :
Aide alimentaire : récupérer les invendus !
07/12/2011
