Elle pourrait être une disciple d’Alain Passard, pour son goût du vrai produit et son attachement à la saisonnalité. Elle pourrait être aussi le symbole d’une cuisine généreuse et simple, synonyme de partage et de convivialité … Anne Demay, auteure de Panier de saison ressemble aussi à sa passion : remuante et colorée.
Son métier : Cuisinière indépendante, styliste et rédacteur culinaire
Son blog : Panier de saison, le blog de la cuisine du marché
Le produit qu’elle préfère cuisiner : le poivre voatsiperifery et le Noilly Prat.
Le produit qu’elle ne supporte pas : le café.
Sa devise en cuisine : toujours se faire plaisir !
Pourquoi avoir créé un blog ?
Anne : C’est Pascal Week, auteure de C’est moi qui l’ai fait, qui m’a donné l’envie d’écrire mon propre blog. J’admirais son travail. A l’époque j’étais déjà cuisinière indépendante mais je ne notais jamais mes recettes, par manque de temps et de moyens. La deuxième raison est que je voulais parler de produits : faire passer un message sur le bien manger, véhiculer les valeurs auxquelles je crois !
Quelles sont ces valeurs ?
Anne : Pour faire de la bonne cuisine, il suffit d’avoir de bons produits ! Des fruits et des légumes, pas forcément biologiques, pas forcément contraints à un cahier des charges drastique. En somme, des produits auxquels on aurait laisser le temps de se développer. Un produit issu d’une agricultrice respectueuse de l’environnement, des saisons et des sols, qui contient tous les éléments dont notre corps a besoin. Je me demande encore comment peut-on se faire plaisir avec un légume qui n’est pas de saison, ou un poulet qui a grandi vitesse record ! Je ne suis pas une extrémiste, mais certaines aberrations me révoltent. Par exemple, on oublie souvent qu’il existe des kiwis dans le sud de la France et qu’il est inutile d’aller en chercher à l’autre bout du monde.
Qu’est ce qu’un bon produit ?
Anne : C’est un produit qui n’est pas forcément beau, il est tout simplement bon ! J’ai parfois l’impression de replonger aux siècles des Précieuses ridicules : on a oublié que la nourriture avait un premier sens physiologique. Certains fruits ont l’air d’être fabriqués en plastique. Les défauts n’en font pas des produits moins bons. La solution : se fier à son instinct, toucher une pomme, retourner une salade …
C’est quoi la cuisine au quotidien ?
Anne : Une cuisine diversifiée, influençable, fondée sur l’émotion, la surprise, qui donne du plaisir.
Elle n’est pas spectaculaire. Un bon plat de pâtes peut être très généreux. Je trouve ça triste de sortir de table avec une impression de manque. J’aime le fait de se retrouver autour d’une cuisine conviviale : dresser une jolie table, soigner une assiette, partager autour des goûts, engager une discussion...
Un mot pour définir votre cuisine ?
Anne : Elle reflète mon caractère : elle est colorée et remuante. Je suis très attirée par la cuisine épurée, qui demande des connaissances techniques. J’admire les chefs comme Olivier Roellinger (Les Maisons de Bricourt), qui montrent leur force en restant humble, en préservant les produits. J’ai eu ma plus belle émotion culinaire avec des crêpes de Roellinger, sa cuisine mêle poésie, littérature et voyages. . Pour moi, la fonction principale de la cuisine reste l’alimentation. Respirer une poudre de tomate (en cuisine moléculaire) ne sert pas à grand chose. C’est comme la haute couture, c’est beau, point.
Quelles sont vos influences ?
Anne : Mon grand père était boucher charcutier traiteur ! C’est ma première source d’inspiration. Il m’a fait découvrir les viandes grasses, gélatineuses, confites, il faisait son jambon, son pâté, son saucisson à l’ail … j’en garde beaucoup de souvenirs culinaires. Côté chef, j’aime aussi le travail d’Hélène Darroze pour son côté sudiste, généreux et mijoté.
La recette de la semaine
GÂTEAU TATIN FRAISES RHUBARBE
Ingrédients : Pour un moule à manquer de 20cm, 6 branches de rhubarbe, 250g de fraises, 250g de farine, 250g de sucre semoule, 5 œufs, 150g de beurre doux, 1 sachet de levure chimique, 10cl de crème liquide, 1 pincée de sel.
Préparer un caramel : poser le moule saupoudré de 50g de sucre sur le feu. Ôter du feu dès que le sucre fond et blondit. Laisser refroidir. Éplucher la rhubarbe, la couper en tronçons de 1cm maximum. Équeuter les fraises, les essuyer délicatement si elles sont un peu sales. Battre le beurre mou avec 200g de sucre. Introduire un à un les œufs entiers. Ajouter la farine et la levure. Incorporer la crème fraîche. Préchauffer le four à 160°c. Étaler sur le caramel refroidi (et durci) les fraises coupées en deux en forme de rosace espacée (coupe contre le caramel). Ajouter la rhubarbe et la répartir entre les fraises. Verser la pâte sur les fruits. Enfourner pour 50-55 minutes. Démouler tout de suite sur un plat à tarte. Laisser refroidir avant de servir.
Retrouver tous les conseils d’Anne sur son blog
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