Aider les enfants à se ré-approprier les fruits et légumes pour qu’ils les consomment plus, et mieux. Tel est l’objectif de l’action menée par deux étudiantes de l’école nationale supérieure du paysage de Versailles (Yvelines), auprès d’une classe de CM1. Au programme : visite du potager du roi, leçon de choses, cueillette et dégustation.

« Les confitures, je connais. Ma mère en fait souvent ! », explique Emma, 10 ans. Dans le jardin de ses grands parents, à Reims, les fraises, framboises, groseilles et autres abricots font le délice de la famille. Mais tout le monde n’a pas cette chance. Lorène et Bulle, deux étudiantes en 3ème et 4ème année de l’école nationale supérieure du paysage (ENSP), ont accepté de "parrainer" une classe de CM1 de l’école élémentaire Edme Fremy, à Versailles, pour les faire découvrir notre alimentation et leur faire connaître les différents goûts et saveurs qui la composent.
Pelle, râteau, fourche-bêche, tracteur ...
Les deux jeunes femmes, qui sont aussi guides au potager du roi, ont imaginé avec l’enseignante une série de trois rencontres pour sensibiliser les enfants au goût des fruits, aux couleurs, aux saveurs, mais aussi aux techniques de production agricole. « La première fois, nous sommes allées dans leur école pour leur faire redécouvrir le petit potager cultivé juste à coté de la classe. On a surtout travaillé sur les dimensions, à travers le dessin, » se souvient Bulle. La seconde visite était consacrée aux outils : pelle, râteau, fourche-bêche, tracteur et même moissonneuse batteuse n’ont plus de secrets pour les jardiniers en herbe !

Mais l’objectif de ces animations était surtout de montrer concrètement le lien entre agriculture et alimentation. Lorène et Bulle ont donc accueilli les 26 élèves et leur institutrice pour une visite du potager du roi le jeudi 18 juin. Margaux et Alison, les bavardes du groupe, ne perdent pas une miette des explications. « Les fraises ne se multiplient pas avec des graines. Ces tiges, avec un petit fraisier au bout, s’appellent des stolons », précise Lorène devant une assemblée curieuse. La matinée se poursuit par une leçon de chose grandeur nature : les fleurs de pomme de terre, les poiriers en contre-espalier sont passés en revue. « Comment fabrique-t-on la confiture ? », demande l’étudiante. Les réponses fusent : « Avec un écrasoir ! », « On les aplatit avec les pieds, comme pour faire du vin » ...
Observer les saisons et la nature

Pour les deux organisatrices, le bilan est très positif. « Cette action nous paraît être dans la logique de notre formation, et je pense que les enfants en garderont de bons souvenirs. Il s’agit de redire des choses simples sur les fruits, les saisons, la nature... c’est aussi l’occasion pour eux d’apprendre à observer », estime Lorène. Pour Bulle, qui va bientôt rendre son projet de fin d’études, cette démarche d’ouverture est un bon exercice pour l’avenir. « Dans notre métier, il faut constamment pouvoir changer de langage, d’échelle, d’interlocuteur... avec les enfants, ce qui paraît évident ne l’est pas toujours », conclut-elle.
