Pendant un mois, des corbeilles de fruits et légumes frais ont été livrées à des patients du service de gérontologie de l’hôpital Emile-Roux de Limeil-Brévannes (94). Un enjeu de qualité de vie mais aussi de santé publique qui s’inscrit dans le Programme national pour l’alimentation.
« Le temps fort de ma journée, c’est quand, vers les 10-11 heures, Virginie (l’agent hospitalier hôtelière -ndlr) m’apporte ma corbeille quotidienne de trois fruits frais. C’est un moment de gaité partagée pour notre petit groupe », ainsi s’exprime Germaine, une des patientes participant à une pré-étude clinique pour mesurer l’impact bénéfique de la distribution, hors repas, de fruits et légumes frais à croquer en milieu hospitalier.
« La moyenne d’âge de nos patients est de 85 ans, précise Olivier Bouillanne, chef du Service de gérontologie de l’hôpital Émile-Roux à Limeil-Brévannes (94). Ils sont déjà suivis pour des pathologies multiples et séjournent en moyenne un mois dans nos services. Notre objectif principal est de leur rendre leur autonomie. Nombre d’entre eux souffraient déjà de dénutrition avant leur admission. Dans nos services, ils ne sont pas soumis à des régimes alimentaires restrictifs, mais ils ne s’alimentent pas mieux pour autant. Les plateaux-repas repartent souvent à moitié pleins. Une perte de poids, même de 2 kg, chez des sujets âgés se traduit par une perte de masse musculaire difficilement récupérable. Ces personnes auront alors très peu de chances de pouvoir remarcher normalement et retrouver leur autonomie. »
Cette pré-étude clinique, d’une durée d’un mois, s’appuie sur la dimension plaisir de ces corbeilles de fruits. Elles sont perçues comme un cadeau qu’on peut partager avec les autres. Ce don hors contexte médical renforce les relations humaines entre hospitalisés et personnels soignants. Croquer librement, à tout heure de la journée, ces fruits et légumes font oublier les contraintes horaires alimentaires d’une hospitalisation (petit-déjeuners tardifs après les soins matinaux, dîner à 18 heures etc.) et « renormalisent » l’acte de manger qui redevient un moment de plaisir.
Outre leur apport en fibres, vitamines, minéraux et oligoéléments, ces fruits contribueront à l’amélioration de la qualité de vie en service hospitalier. Déjà une première expérience de faisabilité avait eut lieu dans la maternité et le service d’endocrinologie de l’hôpital Saint-Jean de Perpignan (1). Au sein d’un service de gérontologie, ces corbeilles de fruits devraient surtout inciter le patient à se réapproprier son alimentation, à sortir de l’état de dénutrition et à retrouver ainsi son autonomie.
Cette étude pilote menée en partenariat avec des équipes des hôpitaux Henri-Mondor et Bichat, va déboucher sur l’écriture d’un Programme hospitalier de recherche clinique. En cas d’adoption, il permettra d’évaluer, au niveau national cette fois-ci, l’opportunité de distribuer des corbeilles de fruits et légumes frais dans les hôpitaux. Ce projet rentre dans les actions portées par le Programme national pour d’alimentation (PNA) du ministère de l’alimentation pour améliorer l’accès pour tous aux fruits et légumes, et en particulier pour les publics fragiles, en partenariat avec INTERFEL, l’interprofession des fruits et légumes frais.
La tendresse avant tout
« Les patients d’Émile-Roux sont des clients qui méritent autant d’attention que la clientèle de mon magasin de fruits et légumes, précise M Abessera, détaillant à Limeil-Brévannes. Chaque jour, je prépare personnellement les corbeilles. Cela prend, avec la livraison, une heure et demie. Je suis très attentif à ce que les fruits sélectionnés soient tendres et matures. La diversité des formes, des couleurs et des arômes joue sur l’attractivité de ces corbeilles. Pour des raisons de qualité, on privilégie, autant que possible, les fruits produits en métropole et dans les DOM. »
En images :
Consultez le reportage sur la distribution de corbeilles individuelles de fruits et légumes frais à l’hôpital Emile Roux (Limeil-Brevannes 94).

