La diversité de produits que proposent nos terroirs reflète le savoir-faire et la créativité françaises. Les jeunes agriculteurs se sont réunis autour d’un projet commun : promouvoir leur agriculture à travers des recettes. Classiques ou innovants, gastronomiques ou sur le pouce, chaque plat met en valeur un produit. L’occasion de vous faire découvrir leurs recettes et ainsi de valoriser le lien primordial entre l’agriculture et notre alimentation.
Aujourd’hui, rencontre Mickaël Poillion, 31 ans, agriculteur dans le Pas-de-Calais.

« Je produis environ chaque année environ 40 tonnes de pommes de terre sur 2 hectares. La variété choisie est la Ditta, dite "à chair ferme". A mon avis c’est la reine de la pomme de terre ! »
Mickaël est un agriculteur en Gaec installé avec ses parents et un salarié sur une exploitation en polyculture (blé, betteraves, féveroles, colza, orge de brasserie...) qui compte aussi un élevage laitier et une partie de l’exploitation certifiée bio (blé meunier, pommes de terre et luzerne.) « Je me suis engagée auprès des Jeunes Agriculteurs en 2004. La liberté des paysans passe par l’action collective et par la réappropriation de leurs produits, » dit-il. L’agriculture de production, de volumes sans acquéreurs, laisse chez lui place à une agriculture de proximité et à identité forte, organisée collectivement de manière à pouvoir maîtriser le devenir de ses produits. « Ma génération doit réinventer le local, renforcer l’appartenance à des produits et des territoires afin de construire une agriculture non délocalisable. Notre génération est citoyenne et il faut le faire savoir ! »
Pourquoi avoir participé à un tel projet ?
Mickaël : C’est un projet pour rendre palpable le lien entre l’agriculture et le produit fini. Rendre accessible le travail du produit est un enjeu sociétal : la France a une relation particulière avec sa cuisine, il est donc essentiel de connaître ce que l’on produit pour prendre plaisir à le cuisiner. C’est une façon pour chacun de prendre conscience de ce que l’on achète : il existe une véritable co-responsabilité autour de la diversité alimentaire, il est important de préserver non seulement le producteur mais aussi cette biodiversité.
Un bon agriculteur fait-il un bon cuisinier ?
Mickaël : Je ne mettrais pas ma main à couper ! Il est certain qu’il existe une relation de confiance entre l’agriculteur et son produit : l’exploitant est responsable de la qualité de son alimentation. Selon moi, un lycée hôtelier et un lycée agricole ont tout intérêt à travailler main dans la main, pour donner une meilleure image du produit agricole de qualité et de proximité.
La cuisine vous donne-t-elle des envies / idées dans votre travail d’agriculteur ?
Mickaël : Oui, puisque cuisiner signifie valoriser au mieux le produit. Quand j’ai repris l’exploitation, nous avons décidé de passer 20 hectares en culture bio, notamment en pomme de terre. En cuisinant, on se rend compte de l’importance de la qualité du produit. Ce qui m’a amené aussi à réfléchir sur l’opportunité de transformer moi-même mes récoltes en produit fini, par la création d’une activité de farine et d’œufs bio. Un changement à risques, mais raisonné, qui permettrait de maîtriser au mieux le produit final.
La recette de la semaine
Pommes de terre en gratin
Ingrédients : 2 à 3 kilos de pommes de terre, 60 g de beurre, 30 c de crème fraîche liquide, 200 g de fromage râpé emmental AOC, 1 bouquet de thym frais (ou de fleurs de thym), sel et poivre du moulin.
Lavez et essuyez les pommes de terre. Coupez-les en rondelles fines (avec la peau). Allumez le four à 180°C. Beurrez légèrement l’intérieur du plat à four. Disposez une rangée de rondelles de pommes de terre dans le fond du plat. Parsemez-les de quelques noisettes de beurre, de fromage râpé, de brindilles de thym frais et d’une petite quantité de crème répartie équitablement sur toute la surface. Salez légèrement, poivrez. Recommencez l’opération de la même façon jusqu’à épuisement des ingrédients. Terminez avec du fromage râpé. Enfournez le plat. Laissez cuire le gratin pendant 2 heures. Vérifier la cuisson en enfonçant une pique en bois au milieu. Servez le gratin de pommes de terre avec une belle laitue toute fraîche du potager !
Conseil : du fait de leur goût légèrement sucré, vous pouvez aussi les faire cuire rapidement à l’eau et les servir avec du beurre AOC et du thym frais.
Découvrez régulièrement les recettes des Jeunes agriculteurs. Et très prochainement la tomate grappe d’Aurélie, agricultrice à Perpignan.
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