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Circuits courts

La Ruche qui dit oui... aux bons produits

26/08/2013

Créée par Guilhem Cheron et Marc-David Choukroun en 2011, la Ruche qui dit Oui est un concept de circuit-court qui permet aux consommateurs appelés abeilles de rencontrer les producteurs lors de ventes organisées chaque semaine par le gérant d’une ruche. Rencontre avec les participants de la ruche de Bercy à Paris.

La Ruche qui dit oui, une système de vente où se mèlent convivialité et bons produits © CM Allègre / Min.agri.fr

À la ruche parisienne de Bercy, Jeanne Dallot veille, en compagnie de ses bénévoles, à la bonne distribution des produits. Le va-et-vient de la soixantaine d’abeilles - c’est à dire des consommateurs - ne cesse depuis le début de la distribution, à 18 heures. C’est ainsi un jeudi sur deux depuis mai 2012, date à laquelle Jeanne a décidé d’ouvrir la ruche.

L’importance du savoir

Cette ancienne professeur de biologie, adepte d’une alimentation équilibrée et qui « adore cuisiner », s’est inscrite à la Ruche qui dit oui grâce à sa fille. Après avoir lu un article qui parlait du concept dans la presse, elle s’est exclamée « Maman c’est pour toi ! ». Si l’installation s’est faite de façon relativement simple avec l’accord de la mairie du 12ème arrondissement, le recrutement des producteurs a été plus laborieux. « Ce n’est pas évident de les convaincre de venir à Paris. Le transport, les encombrements ... ça les effraie ! ». Pour les convaincre, tous les moyens sont bons. « Il y a un producteur de miel que j’ai démarché lors d’une course de moissonneuse batteuse », déclare celle qui a désormais une quinzaine de producteurs réguliers lors de ses ventes.

 

« J’ai démarché un producteur lors d’une course de moissonneuse batteuse »

 

Jeanne Dallot, responsable de la ruche de Bercy © CM Allègre / Min.agri.fr

En outre, la relation avec eux n’est pas toujours facile. « Il m’est arrivé de me séparer de producteurs à cause de prix trop élevés. C’est eux qui les fixent mais je compare avec ceux que je vois à la campagne ». Son savoir en biologie est également « très important pour détecter les engrais, les pesticides, interroger les producteurs ».

Malgré tout, elle rappelle qu’ « on ne vient pas à la Ruche parce que c’est moins cher, on vient pour l’origine et la qualité des produits ».

Un endroit de convivialité et de partage

L’avantage de participer à la ruche est aussi de rencontrer « des gens sympas, des amis ». Après avoir passé cinq années au Chili, puis cinq autres au Maroc, elle « retrouve cette richesse à travers les producteurs et les abeilles ». Une position partagée par Emmanuelle, bénévole depuis plusieurs mois, pour qui c’est l’occasion « d’échanger sur les produits que l’on achète ».

 

« Le contact nous fait réfléchir sur les moyens à mettre en place pour valoriser nos produits »

 

Pour Cathy, compagne de Christophe Thierrée, éleveur bovin et porcin de la ferme de Bois Champeau, participer à la Ruche qui dit oui lui permet « d’expliquer aux consommateurs comment la viande est produite » tout en leur parlant de la vie à la ferme.

Pour les commerçants, c'est l'occasion de prendre des conseils pour leurs emballages © CM Allègre / Min.agri.fr

Un échange qui va dans les deux sens. « Voir les consommateurs nous fait réfléchir sur les moyens à mettre en place pour valoriser nos produits (découpes, emballages) » avoue-t-elle. Ici, les producteurs sont « des commerçants et ce contact fait évoluer nos pratiques ».

La Ruche qui dit oui rime donc avec convivialité et partage. « De temps en temps on dîne chez moi après une distribution » confesse Jeanne pendant qu’Emmanuelle se rappelle « les petits moments où l’on partage une pizza après une distribution ». À ceux qui hésitent à rejoindre la ruche, Jeanne leur donne un conseil, « il faut que ce soit quelqu’un qui aime à la fois cuisiner des bons plats et de bons produits et les contacts sociaux ».


Info +
Découvrir le blog d’Emmanuelle, bénévole à La Ruche qui dit oui.
Le site Internet de la Ruche qui dit oui


Comment ouvrir une ruche ?



La Ruche qui dit oui est un concept de circuit-court ouvert à toute personne souhaitant s’investir dans un projet participatif sans engagement, ni financier, ni de durée. Au total, 283 ruches sont actuellement ouvertes et 151 sont en construction.

Première étape : Après validation d’un dossier rempli sur le site internet de la ruche, le particulier contacte des producteurs locavores -c’est à dire, dans un rayon de moins de 250km-, recrute des bénévoles et 50 consommateurs au minimum.
Deuxième étape : Si les conditions sont réunies, le responsable de la ruche propose des produits à l’achat sur le site de la Ruche. Ils sont disponibles durant six jours. Chaque producteur fixe un minimum à atteindre.
Troisième étape : Une fois les commandes passées, la distribution a lieu et les producteurs ayant atteint leur objectif viennent distribuer leurs produits.


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